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Publié par VILLEVERTE

CHARTE DE LA GARRIGUE - Edition 2006 – EXTRAITS

 

Voici la suite des recommandations de la charte- avec quelques commentaires complémentaires de la rédaction, en italique.

 

LES VOIES : Les chemins de garrigue empruntent un tracé sur la crête des collines ou en fond de thalweg, avec des impasses organisées en arêtes de poisson et peu de liaisons transversales, ce qui amène une certaine indépendance de chaque secteur. Ils doivent rester des chemins de desserte et non des voies de grande circulation. Il convient de :

- Mettre en valeur ou restituer à ces voies leur ambiance très spécifique,

- Favoriser une circulation à vitesse réduite

- Améliorer les passages difficiles

- Les chemins se terminant en impasse doivent êtres aménagés avec une aire de retournement

- Les élargissements systématiques et les alignements ont été proscrits par la municipalité.

LES RESEAUX AERIENS : La charte préconise que dans la mesure du possible, les réseaux soient passés en souterrain, cette politique étant renforcée par le règlement du PLU qui prône la disparition des poteaux en garrigue. La charte recommande en outre, la mutualisation des équipements d’antennes, leur installation sur des supports existants, et une étude de leur intégration paysagère.

LE RISQUE INONDATION : Ce risque concerne plus la plaine en aval que le territoire des garrigues

Il importe surtout de freiner le ruissellement en aménageant sur chaque parcelle des petits bassins de rétention. (Au moins 100 litres par mètre carré de toiture et de terrasses)

LE RISQUE INCENDIE : Dans les garrigues non entretenues et envahies de broussailles au sol, les causes des incendies sont rarement naturelles. Ils sont dus le plus souvent à l’inconscience et à la négligence (dépôts d’ordures, barbecues, cigarettes). Les arrêtés municipaux et préfectoraux imposent, sous peine d’amendes, le débroussaillement, en supprimant la végétation spontanée et les herbes au ras du sol et en élaguant les arbres de leurs branches basses, en priorité à proximité des habitations. Ceci n’empêche pas de chercher à conserver dans les secteurs à moindre risque des îlots de végétation naturelle qui permettent aux oiseaux et à la faune animale de la garrigue de trouver nichoirs et abris.

Une cellule « débroussaillement » a été créée par la Ville 1105, avenue Pierre Mendès France, qui a pour mission de recenser les zones à risques, de conseiller et d’inviter les propriétaires à débroussailler, voire d’engager des procédures en cas de carence.

Les feux sont interdits entre le 15 juin et le 15 septembre et en dehors de cette période doivent êtres proscrits entre 16 h et 8h du matin, ainsi qu’en cas de vent, et de sècheresse. En tout état de cause une demande d’autorisation de brûlage doit être demandée préalablement auprès de la mairie.

Enfin à chaque fois que c’est possible, il est conseillé, avant allumage d’amener un tuyau d’eau à proximité et d’arroser préalablement autour du foyer.

LA CONSTRUCTION EN PIERRES SECHES : L’utilisation de la pierre sèche est recommandée, mais pas à « contre sens » :

- N’utiliser que des pierres provenant de la garrigue.

- Toujours construire des volumes complets et pas seulement des surfaces, ce qui n’empêche pas des combinaisons telles qu’une bastide principale crépie et des volumes annexes en pierres sèches,

- Conserver et restaurer les capitelles

- Sauvegarder et restaurer les murs anciens et les clapas.

- Le découpage de grandes propriétés en plusieurs lots constructibles selon les règles de surface du

PLU ne doit pas se faire au détriment des murs et clapas !

- Les murs de clôture en pierres sèches d’une hauteur limitée à 2 mètres sont recommandés Des subventions sont accordées par la Ville, à raison de 30 € par mètre carré de clôture sur rue à réaliser en totalité, à obtenir avant démarrage des travaux, et après réunion sur place avec le service technique.

- S’il doit y avoir des murs maçonnés, les crépir avec des enduits à la chaux grasse, teintés couleur pierre, et ne jamais laisser des parpaings béton apparents.

- Bannir les fils à plombs et les cordeaux !

- Ménager à la base des murs des barbacanes de passage des eaux de ruissellement

QUELQUES RECOMMENDATIONS ARCHITECTURALES :

- Des volumes, simples, harmonieux, traditionnels ou contemporains ;

- Des ouvertures + hautes que larges, et limiter le nombre des larges baies vitrées ;

- Des teintes pastel, couleur de terre ou de pierre (gris, bistre, grège, ocre) le blanc est interdit !

- Des toits de pente < 30° couverts de tuiles canal vieilles ou vieillies

- Des génoises à tuiles rondes évidées à 1, ou 2rangs selon l’importance des constructions.

- Construire des volumes en pierres sèches. Même à l’intérieur des maisons, un mur en pierre sèche fera un mur décor en même temps qu’un mur « trombe » à inertie thermique idéale.

- Chaînages d’angle, encadrements de baies, corbeaux et linteaux en pierre massive recommandés

LES CONNECTIONS AUX RESEAUX :

Toute construction neuve doit être raccordée en souterrain aux réseaux de viabilité d’eau, d’électricité et de téléphone. Les coffrets de branchements renfermant les compteurs d’eau et d’électricité seront à intégrer aux murs de clôture. Les tranchées étant à charge du client, penser à incorporer l’éclairage par jalonnement des chemins d’accès internes à la propriété, l’interphonie, la commande et l’éclairage des portails.

LA GESTION DES DECHETS :

Le dépôt sauvage de déchets et le déversement de produits polluants ou dangereux est condamnable.

L’infiltration de ces substances (les hydrocarbures par exemple,) pollue les forages, nombreux en garrigue et la source de la Fontaine de Nîmes en aval !

Il convient de prévoir un emplacement pour les conteneurs verts et bleus à l’intérieur de la propriété, de préférence à l’abri des vues par un mur. Les jours de collecte, d’éviter leur renversement par les chiens errants ou le vent en les attachant si possible par des chaînes ou câbles aux murs de clôture

Les déchets verts, épluchures, cendres peuvent avantageusement êtres recyclés en compostage. En deux ans on obtient un excellent compost, évitant autant d’engrais chimiques.

LA VEGETATION :

La végétation exceptionnellement variée comprend quelques 250 espèces différentes, et généralement, une trentaine au moins dans un même site.

Arbres endémiques : Chêne vert, arbousier, genévrier cade, pin d’Alep, pin pignon, chêne blanc, pistachier térébinthe…

Arbres naturalisés : Figuier, olivier, amandier, cyprès, micocoulier, vigne…

Arbustes et plantes odorantes : Thym, romarin, laurier, sarriette, cistes, coronilles, trifolium, iris, orchidées sauvages,…

Végétation à débroussailler : chêne kermès rampant, ronciers, herbes folles, arbres et arbustes en excès favorisant la propagation des incendies.

LA BERGERIE DU BOIS DES ESPEISSES :

L’édition 2006 de la charte de la garrigue consacrait, sous le titre : « la maison des Espeisses », un grand chapitre à cette bergerie pour annoncer la ferme volonté de la municipalité d’y réaliser un écomusée de la garrigue nîmoise, largement ouvert au public, ensemble devant permettre des dialogues multiples : recherche, préservation, expositions permanentes et temporaires, population locale, population extérieure,

milieu scolaire, ateliers éducatifs…

Le comité de quartier de Villeverte a repris ce dossier et s’efforce de le faire avancer en partenariat avec la Mairie, mais les choses n’avancent pas vite…

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Didier Gourdou 13/03/2009 23:07

Quand je relis la charte de la garrigue, je ne peux m’empêcher de rigoler. Tout d’abord, qu’est-ce qu’une charte ? On dira qu’il s’agit d’un engagement moral entre des personnes (physiques, morales ou collectivités) dans le but d’accomplir certaines choses suivant des modalités préalablement établies. En clair, on s’engage sur certains trucs avec de belles paroles, mais au final, chacun fait ce qu’il veut. Exemple s’il en est, celui de la charte des Nations-Unies. Je suis bien placé pour en parler, ayant travaillé un an pour l’ONU en Bosnie, et vu avec désarroi combien cette charte avec ses beaux principes humanitaires n’était qu’une pantomime face à certains intérêts supérieurs.
Pour en revenir à nos moutons (d’ailleurs jadis bien présents dans nos garrigues !), cette charte ne rime à rien. En ce bas monde, la « vrai » Loi n’étant déjà que difficilement applicable, comment prendre en considération une charte dans un monde où chacun se fiche de tout ? Je vis dans le chemin de la Préfecture depuis quelques années déjà et, pour chacun des points énoncés, j’ai immédiatement à l’esprit une multitude de cas visibles chaque jour qui contredisent cette bonne vieille charte de la garrigue. Les particuliers n’appliquent que peu ou prou les recommandations énoncées, personne ne sanctionnant le moindre écart. Les histoires de végétation, de parements, de respect des clapas, etc… me font là encore sourire. On ne devrait par exemple jamais tolérer qu’un mur de quérons reste sans parement. No comment ! Mais tout le monde s’en fout et fait ce qui lui plait. Les institutionnels ne sont pas en restent. Tel Don Quichotte face aux moulins, j’ai lutté face à EDF et France Telecom pour enfouir les lignes desservant mon terrain. Si EDF m’a donné satisfaction après moult déboires, je dois supporter une ligne téléphonique aérienne sur 150 M à cause de l’intransigeance de France Télecom qui s’est dit non concerné par cette charte de la garrigue et pas obligé d’utiliser la gaine supplémentaire placée dans la tranchée ! De manière très louable, la mairie a recommandé il y a plusieurs années l’enfouissement des lignes, mais EDF et France Télecom font au final ce qu’ils veulent. Et toutes ces lignes aériennes défigurent complètement notre environnement. Je suggère donc une véritable réglementation qui protège tous les quartiers de la garrigue nimoise et permette aux services compétents de sanctionner les contrevenants.
Mon terrain est entouré d’un clapas et de deux capitelles qui ont été construits il y a au moins trois ou quatre siècles par des rachalans qui ont trimé des années durant pour édifier ces chefs-d’œuvre. Régulièrement, j’en fais le tour pour l’admirer, en pensant à ces hommes, et pour remettre sur le clapas la moindre pierre tombée. Je suis sincèrement ému quand je vois un clapas ou un reste de capitelle écrasé d’un coup de pelle mécanique alors que je sais que des hommes ont sué des années pour édifier ces édifices, pierre après pierre. Ce sont des monuments construits par la main de l’Homme, certes moins beaux mais ayant la même valeur que les arènes ou le Pont du Gard. Au-delà de simples chartes ou recommandations, nous nous devons tous, nous qui avons choisi de vivre ici, de respecter et de mettre en valeur le patrimoine de notre quartier. Alors d’accord pour une charte de la garrigue, mais avec les moyens de la faire appliquer.

VILLEVERTE 25/03/2009 08:46


Merci pour votre commentaire, cette charte a le mérite d'exister, les comités des quartiers de garrigue ont longtemps lutté pour cela, malheureusement nous faisons tous le contact qu'aucune
obligation n'y est lié.
Cordialement